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La Révolution Myofasciale

Un nouvel organe a été découvert!

Vous dites???

Dans son article du 27 mars 2018, le Scientifique American nous invitait à faire la connaissance de l’Interstitium, un organe nouvellement découvert. Le site faisait état de la publication le même jour dans Scientific Report,  d’une étude de Petros C. Benias et al.(1) rapportant la découverte d’un nouveau tissu composé d’agglomération de collagène et de fibre élastique, enrobée de fluide.

Cet organe a pu être observé dans presque tous les tissus du corps humain, comme la sous-muqueuse du tube digestif, la vessie, la peau, les tissus bronchiaux (poumons) et périartériaux (vaisseaux sanguins), et même dans les fascias.

Pensez-y! Un nouvel organe! C’est fou raide, comme dirait l’autre!

Sauf qu’il n’y a vraiment rien de nouveau dans ce qui a été observé. L’Interstitium, tel que décrit dans cette étude, n’est pas un nouvel organe qui s’immisce partout dans le corps, jusque dans les Fascias…C’EST(!) le Fascia! La seule réelle nouveauté dans cette découverte est la méthode utilisée pour observer la structure en question, soit la Microscopie Laser in-vivo. Précédemment, la seule représentation du Fascia et de son architecture que nous pouvions obtenir in-vivo étaient via des caméras sous-cutanées. Autrement, on devait s’en remettre à une biopsie compressée entre deux lamelles de verre sous microscopie conventionnelle, ou être conceptualisée en dessins par observations logiques. 

Le Fascia (ou Interstitium), tel que présenté dans cette découverte, est le même que celui décrit depuis fort longtemps par les Ostéopathes, Thérapeutes manuels et, plus récemment, par certains Kinésiologues et intervenants biomécaniques (votre auteur inclus!). Il décrit une vision de la posture et du fonctionnement anatomique humain comme un tout indivisible, plutôt qu’une somme de ses parties. La bonne nouvelle est que maintenant, grâce à cette découverte, les ostéopathes et acupuncteurs voient leur théorie rejoindre la pratique observable. Ces deux branches de la médecine dite “alternative” ont été, à ma connaissance, les premières à adresser et chercher à traiter le Fascia, tant pour les problématiques musculo-squelettiques et physiologiques.  Cela signifie donc que ces derniers peuvent être promus de “Chaman Granos”, comme dirait un collègue, au rang d’Intervenants Pertinents. Cela signifie également que nous sommes, en termes de méthode d’entraînement et de traitement musculo-squelettique, au beau milieu d’une révolution: La Révolution Myofasciale.

Fascia, fascia

Lorsqu’on discute d’un seul organisme comme le corps humain, est-ce qu’on doit dire “le Fascia”, comme on dit “le Coeur”, ou est-ce qu’on dit “le ou les fascia(s) “comme on dit “le ou les tendon(s)”? Les deux. Ça dépend réellement à qui vous le demandez.

Le mot Fascia est actuellement débattu chaudement dans la communauté médicale et scientifique. D’un côté, la nomenclature “fascia” a été attribuée à certaines structures tendineuses pour les identifier distinctement des autres, comme c’est le cas pour le Fascia Plantaire ou du Fascia Thoraco-Lombaire. De l’autre, il est décrit comme une toile de tissus allant de la peau jusqu’à la cellule, dans une continuité entre-méchée et présentant des propriétés de transmission de forces. Entre les deux, on retrouve le débat sur les structures qui se qualifient ou non pour l’appellation en question.

Le Fascia/fascia a été d’abord décrit et adressé en 1799, par l’anatomo-pathologiste français Marie François Xavier Bichat, comme étant une membrane de tissus.  C’est en 1858 que le terme “fascia” a été proposé par le célèbre chirurgien anglais Henry Gray (Auteur de Gray’s Anatomy…le recueil médical, pas la série Télé!),  avec la définition de “masse de tissus conjonctifs et de fibres entrelacés et visible à l’oeil nu”. Cette façon de voir le Fascia est définie, en somme, comme voulant qu’un fascia soit une lame de tissu conjonctif, dissécable macroscopiquement. Fascia, en latin, veut littéralement dire “bandelette”..

Cette définition très mécanique et segmentaire découle directement des travaux de Bichats et Gray, à une époque où la médecine cherchait à simplifier les structures, en les compartimentant et en les disséquant, pour en faciliter la compréhension. La médecine moderne telle qu’on la connaît, et surtout du point de vue anatomique, dépend énormément de cette approche. Après tout, le terme “Anatomie” vient du Grec qui veut dire “disséquer”. Déjà à l’époque, par contre, Gray offrait une distinction entre différents niveaux de fascias, qui s’est transposée d’édition en édition de son ouvrage original de 1958 jusqu’à la version la plus récente: le fascia superficiel (sous la peau), le fascia profond (séparant les muscles et la peau), le fascia viscéral qui recouvre un organe et le fascia interne qui occupent les espaces entre les organes. Les enveloppes des nerfs, des vaisseaux sanguins et des muscles sont également englobées dans cette définition. Cependant, même dans les éditions les plus récentes du recueil (2015 la dernière) , seul l’Épimésium est promu au rang de fascia, laissant sous la simple définition de tissus conjonctifs le Périmysium et l’Endomysium, de même que l’aponévrose (jonction entre le muscle et le tendon)(2).

Cette définition de Gray’s Anatomy et des autres textes médicaux classiques laisse cependant plusieurs observateurs scientifiques perplexes. L’observation de propriétés biomécaniques, observées pour les tissus identifiés comme fascias, ainsi que des tissus conjonctifs ne se qualifiant pas pour la définition médicalement “correcte”, a conduit à la formulation d’hypothèses qui ont mené à une compréhension alternative du terme fascia.

Le Dr. Robert Schleip, un biologiste allemand dont le champs de recherche principal est l’étude du Fascia, écrivait en 2009 (3) que le Fascia constituait “le tissus conjonctif dense et irrégulier, qui entoure et connecte chaque muscle, jusqu’à sa plus petite myofibrille (cellule musculaire), et chaque organe du corps, pour former une continuité. Cette description fait écho aux observations de plusieurs, du domaine de la Chirurgie au domaine du Traitement par Thérapie Manuelle, et qui ont donné naissance au concept de la Tenségrité, c’est à dire de voir le corps humain comme un vaste réseau interconnecté de distribution de tension. Le Fascia n’y est donc plus vu comme une simple enveloppe à discarter lors d’une dissection anatomique, mais plutôt un système unifié de distribution et de conduction du stress mécanique, à travers la toile fasciale, de la peau à la cellule en passant par les aponévroses et les ligaments, et dont le respect de la tenségrité assure le bon fonctionnement biomécanique.

La tenségrité est un concept architectural de distribution des forces, et a été extrapolé au corps humain pour expliquer avec plus de fidélité les phénomènes biomécaniques observables ou anecdotiques. Les travaux d’auteurs comme Danièle-Claude Martin et le chirurgien Stephen Levin, travaillant de pair avec l’artiste et inventeur Tom Flemans, ont mené à la conceptualisation du modèle de tenségrité pour les humains.  Les travaux d’Andry Vleeming et Thomas Myers ont permis de cartographier grossièrement le réseau de transmission de force du corps, Anatomy trains de Myers étant selon moi la plus fidèle représentation de la réalité avec les données qui nous sont disponibles jusqu’à présent.

C’est dans ce contexte d’hétéronomie, et dans une optique d’unification du dialogue scientifique concernant les recherches sur le Fascia, que la Société de Recherche sur le Fascia (dont la 6e édition du congrès se tiendra à Montréal en 2022!), a mis sur pied un Comité de Nomenclature du Fascia, qui a proposé en 2019(4) une définition à deux volets pour le(s) terme(s):

-Un fascia (Définition histologique/anatomique proposée, Schleip & Stecco 2016, Stecco & al 2018): Un fascia est un feuillet ou un recouvrement d’aggrégation  de tissus conjonctif se formant sous la peau et qui attache, renferme et sépare les muscles et les organes internes.

Le Fascia, ou le Système Fascial (Définition fonctionnelle proposée; Adstrum et al. 2017): Le système fascial (ou myofascial) consiste en un continuum tri-dimensionnel de tissus conjonctifs mous collagéneux ou denses et fibreux qui imprègnent le corps. Le Système Fascial entoure, entre-mèche et pénètre les organes, muscles, os et fibres nerveuses, dotant le corps d’une structure fonctionnelle et créant un environnement qui permet aux systèmes corporels d’opérer de manière intégrée.

En somme, le fascia(petit f), fait partie du Fascia (Grand F). À titre le fascia plantaire(pied)et le fascia épicranien (surface du crâne) sont des macrostructures (visible à l’oeil nue) collagéneuses et fibreuses qui font parti du Système Fascial, et qui sont orientées à travers ce que Thomas Myers décrit comme la Chaîne Myofasciale Superficielle Postérieure (Posterior Superficial Line), dans son ouvrage Anatomy Trains(5). 

Ligne Postérieure Superficielle; Thomas Myers, Anatomy Trains

Ligne (Chaîne) Postérieure Superficielle; Thomas Myers, Anatomy Trains

Pourquoi est-ce important de savoir ça?

C’est une excellente question!

Je dirais que c’est parce que c’est pertinent et important!

C’est pertinent parce que nommer les choses, c’est se permettre de les distinguer et de comprendre leur interaction. Et c’est important, parce que distinguer leur interaction d’un groupe de choses permet de comprendre leurs fonctions propres, cumulatives et réciproques.

Le Fascia et les fascias représentent la pierre angulaire du modèle de la tenségrité humaine, la Biotenségrité (Tension-Compression)  et la Fascintégrité (Méchanotransduction), et du modèle de Chaînes Myofasciales (transmission de force musculaire interfasciale)(6). Ces trois modèles conceptuels, complémentaires les uns aux autres, sont réunis et validés par la vaste littérature des 20 dernières années et par l’observation de l’Interstitium in-vivo en Microscopie Laser.

Hors, parce que le Fascia au sens de l’Interstitium n’avait jamais été observé in-vivo auparavant, le concept du Fascia, comme organe de communication méchano-métabolique à la grandeur du corps humain, pouvait laisser un expert médicale sous l’impression que la tenségrité et les interactions fasciales tenaient du domaine de la théorie seulement, voir même de la fiction.

La science a une histoire d’amour-haine avec le changement: elle le poursuit sans relâche par expérimentation, mais lorsqu’elle le trouve en trop grande quantité, elle applique les freins, et parfois même le rejette. Elle garde l’esprit ouvert par le principe que “l’absence de preuve ne constitue pas une preuve”, mais porte parfois fièrement l’étendard du scepticisme dont le cri de ralliement est “que quelque chose est considéré faux jusqu’à ce que prouvé vrai”. On le voit en Nutrition, en Médecine, et très certainement en Physiothérapie et en Kinésiologie. La science a souvent besoin d’une de ces deux choses pour évoluer: de temps ou d’images. De temps pour que les opposants à une théorie valable se retirent pour donner place à la génération suivante qui, elle, l’accepte comme nouveau modèle viable sur lequel se baser, ou d’image pour en apporter la preuve irréfutable. Une étude comme celle de Benias et al. rempli les critères de ce second cas. Aujourd’hui, grâce à cette étude, les 3 modèles de Tenségrité Humaine sont réunis et forment une théorie de travail valide, qui révolutionne la façon de concevoir la posture, la biomécanique humaine et le geste sportif.

Le Système fascial est le Saint-Graal, pour autant que je puisse en déduire avec mes connaissances actuelles. Il importe de s’en enquérir, car il constitue le chaînon manquant entre la thérapie athlétique et l’entraînement athlétique. C’est la fusion légitime entre la physiologie, la biomécanique et la neurocinétique. Il serait fort possiblement aussi le lien entre la Kinésiologie, la Physiothérapie et la Physique Quantique. En effet, il semblerait que le Fascia présente, dans sa capacité de mémoire et de prédisposition d’anticipation, des propriétés associées à un phénomène appelé Intrication Quantique(7).

Le Système Facial, est important. Je ne saurais le souligner assez. Quiconque s’entraîne et désire progresser ou performer,  ou quiconque est aux prise avec des douleurs musculaires, devrait porter attention à cette nouvelle définition et prendre des notes.

Voici pourquoi…

De l’Interstitium aux Chaînes Myofasciales

L’Interstitium, tel que décrit en ouverture de texte, fait partie du Système Fascial, ou du Fascia avec un grand F. Le système de fibre de collagène et d’élastine suspendue par un fluide muqueux (gel de mucus) intracellulaire, décrit par les observations de Benias et ses collègues, cadre entièrement avec cette définition de la Société de Recherche sur le Fascia et constitue un système de communication d’informations mécaniques à travers le corps. Il s’agit du lien de continuité mécanique, de la structure même de la cellule jusqu’au structure plus macroscopique comme l’enveloppe musculaire.

Le système fascial est composéde fibres de collagène et d'élastine suspendues par un fluide muqueux (gel de mucus) intracellulaire.

Le système fascial est composé de fibres de collagène et d’élastine suspendues par un fluide muqueux (gel de mucus) intracellulaire.

Ce système permet:

-D’absorber et de dissiper les applications de force soudaine, agissant comme un amortisseur et minimiser les dommages d’impacts.(Viscosité),

-De se déformer temporairement pour reprendre sa forme, une fois l’application de force temporaire dissipée (Élasticité),

-De se remodeler au gré des demandes mécaniques chroniques, issues d’une bonne ou d’une mauvaise posture, ou  comme  compensation et guérison suite à une blessure. Il peut donc être renforcé, affaibli, modelé et déformé, selon les demandes et le stress qu’on y applique. (Plasticité).

Il va sans dire que la considération du Système Fascial peut jouer un rôle prépondérant dans les affections musculaires, dans la réadaptation musculo-squelettique, et dans la posture. La continuité des tissus, de la cellule à l’organisme, tel que décrit par le FNC et tel que mis en images grâce à la Microscopie Laser, nous permet de revoir entièrement le modèle newtonien de la biomécanique –  le muscle qui tire sur le tendon qui tire sur le muscle – et nous permet de concevoir comment la transmission de force peut être exercée par une myofibrille qui se raccourcie lors d’une contraction à travers toute le système. La réalité de la posture n’est plus que les os sont assis les uns sur les autres, mais bien qu’ils sont maintenus en flottaisons dans l’espace par un judicieux équilibre de tension entre les tissus myofasciaux (muscles+fascias), et maintenue sous la forme humaine qu’on connaît par un équilibre encore plus raffiné de tissus fasciaux dans un système en parfaite continuité.

C’est à la fois poétique et quantique. Thomas Myers a offert deux citations en lien avec cette constatation, que je resservirai à qui veut l’entendre, pour l’éternité:

1. “Nous poussons à partir d’une graine (l’embryon), nous ne sommes pas assemblés à partir de morceaux”; En référence à la tendance de l’être humain de percevoir les choses à travers une loupe industrielle et mécanique, alors que la nature est beaucoup plus complexe et continue.

2. “Alors que tous les recueils d’anatomie listent 600 muscles individuels, il est plus juste de dire qu’il n’y a qu’un muscle, renfermé dans 600 poches de toiles de tissus fasciaux”; En référence à la continuité, l’interactions et les réciprocations mécaniques entre les structures musculaires, via le tissus du Système Fascial.

J’affectionne particulièrement ces deux énoncés, car ils illustrent l’importance de l’équilibre à travers ce système.  On peut concevoir assez facilement comment ces problématiques peuvent s’opérer de  manière bi-directionnelles: La posture peut influencer l’équilibre du Fascia, et le Fascia peut influencer l’équilibre postural. Tout est dans tout, et peut affecter tout.

D’ailleurs, Myers est d’abord et avant tout un thérapeute, et sa conceptualisation des chaînes myofasciales a d’abord et avant tout été développée pour élaborer une carte compréhensive globale de lignes d’action qu’un débalancement musculaire peut provoquer. L’équipe d’une clinique de Physiothérapie à Leicester a d’ailleur offert un exemple très visuel de l’impact d’un tel débalancement sur le reste du corps, lorsqu’il est conduit à travers le Fascia et canalisé à travers les Chaînes Myofasciales:

Démonstration de l'impact myofasciale d'une restriction dans le Système Fascial, de la clinique de physiothérapie Function Jigsaw à Leicester, au Royaume-Uni.

Démonstration de l’impact myofasciale d’une restriction dans le Système Fascial, de la clinique de physiothérapie Function Jigsaw à Leicester, au Royaume-Uni.

Dans ces deux exemples, on peut imaginer une tension ou un adhérence restrictive  autour de la hanche limiterait le glissement fascial et l’étirement optimal des Chaînes Latérale (gauche) et Spirale (droite) telles que décrites par Myers. À Gauche, on peut imaginer une probématique à la bantelette Ilio-Tibiale qui exercerait une force de traction verticale constante à travers la Chaîne Latérale jusqu’au intercostaux et ainsi provoque un affaissement de la cage et de l’épaule du même côté. À droite, on peut imaginer une restriction aux Tenseurs du Fascia-Lata ou à l’Oblique Abdominal Interne droit, ou un heureux mélange des deux, qui provoque une traction constante sur l’épaule opposée.

Si le chandail en exemple représentait le corps d’un joueur de Softball droitier, sa capacité à  démarrer pour voler un but serait affectée sur l’exemple de gauche et ce serait une question de temps pour que son lancé lui génére une douleur à l’épaule dominante sur l’exemple de droite. S’il s’agissait d’un Crossfitter, la réception de son Épaulé-Jeté ou de son Arraché sera influencée négativement dans l’exemple de gauche et son Kipping Pull-Up imposerait un temps d’arrêt à son épaule, avant longtemps, dans l’exemple de droite.

Dans une telle optique, on peut également concevoir la facilité avec laquelle un dérèglement de la tenségrité, de l’équilibre des tension dans ce système, peut en engendrer un autre….et un autre…et un autre…

La Biomécanique est en pleine révolution

Lorsque j’ai décroché mon diplôme de l’UQAM en Kinésiologie, en 2003, la science de l’activité physique était très compartimentée. Essentiellement, sous une version ou sous une autre, on y voyait la Neuro-cinétique, la Physiologie, la Biomécanique de manière compartimentée, avec quelques cours d’interventions et de promotion de l’activité physique qui venait compléter le curriculum. Personne ne parlait du Fascia du Système Myofascial  ou de la Tenségrité à l’époque. La Recherche y était embryonnaire. Même si Buckminster Fuller, un architecte Américain, avait créé le concept de tenségrité dans les années 60, il a fallu attendre 1993 pour que Donald Ingber(8) introduise son extrapolation à la structure de la cellule vivante.

En 2012, un professeur de Biomécanique avait octroyé un D à un de mes stagiaire qui avait introduit la méthode de relâchement myofasciale (auto-massage) dans son travail de mi-session, avec la mention que rien ne prouvait l’existence d’une inter-connexion mécanique entre les fascias et les muscles. Peu de gens parlaient du Fascia, du Système Myofascial ou de la Tenségrité encore à ce moment-là, en dehors des cercles ostéopathiques. Malgré un volet de littérature scientifique grandissant et les formations extra-curriculaires  disponibles (comme celles de Thomas Myers, ou de Chris et Ann Frederick), l’application du concept des Chaînes Myofasciales à l’entraînement et la réadaptation demeurait anémique.

En 2021, la Biomécanique est en pleine révolution. La compréhension du Fascia et de son interaction avec la musculature à travers les chaînes myofasciale n’est plus un luxe. L’état de la recherche, et le travail de fond acharné des pionniers du domaines, ont permis d’amener ce dernier à l’avant-plan.  Il permet d’ouvrir la voie à des méthodes de traitement musculo-squelettiques plus efficaces et intégratives, ainsi qu’à des méthodes d’entraînement qui respectent l’évolution biologique et biomécanique de l’être humain et qui permettent de prévenir les blessures tout en optimisant la performance. Aujourd’hui, tout le monde parle du Fascia. Ou du moins, tout le monde devrait en parler.

Pour un entraîneur, un thérapeute ou un enthousiaste de la santé globale, une connaissance sommaire, à tout le moins, s’impose. L’intervenant, et même l’athlète, doivent apprivoiser les vecteur de forces pour lesquels le Système Myofascial a évolué afin de respecter les trois priorités de l’entraînement: Prévenir les blessures d’entraînement, prévenir les blessures d’activités (Quotidiennes, occupationnelles ou sportives), et finalement optimiser la performance sportive. Cette maîtrise du concept rapportera son pesant d’or, fonctionnellement, à qui voudra y consacrer son temps et son attention.

Comme Thomas Myers l’a élégament dit: “La compréhension du Fascia est essentielle à la danse entre le mouvement et la stabilité – cruciale pour la haute performance, centrale pour la récupération d’une blessure ou pour un handicap, et perpétuelle dans notre vie quotidienne”.

Références

1. Benias, P.C., Wells, R.G., Sackey-Aboagye, B. et al. Structure and Distribution of an Unrecognized Interstitium in Human Tissues. Sci Rep 8, 4947 (2018).

2. Standring, Susan,, Gray’s Anatomy : The Anatomical Basis of Clinical Practice, 2015

3. Schleip R. Fascial plasticity—a new neurobiological explanation: part 1. J Bodyw Mov Ther. 2003;71:11–19

4. Schleip R, Hedley G, Yucesoy CA. Fascial nomenclature: Update on related consensus process. Clin Anat. 2019 Oct;32(7):929-933. doi: 10.1002/ca.23423. Epub 2019 Jun 27. PMID: 31183880; PMCID: PMC6852276.

5. Myers, Thomas W. Anatomy Trains. London: Urban & Fischer; 2011.

6. Bordoni B, Myers T. A Review of the Theoretical Fascial Models: Biotensegrity, Fascintegrity, and Myofascial Chains. Cureus. 2020;12(2):e7092. Published 2020 Feb 24. doi:10.7759/cureus.7092

7. Bordoni B, Simonelli M. The Awareness of the Fascial System. Cureus. 2018;10(10):e3397. Published 2018 Oct 1. doi:10.7759/cureus.3397

8. Ingber DE. Cellular tensegrity: defining new rules of biological design that govern the cytoskeleton. J Cell Sci. 1993 Mar;104 ( Pt 3):613-27. PMID: 8314865.